Livre des Proverbes (2 / 7)



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Chapitre 6

 

1


Mon fils, si tu as cautionné ton prochain, Si tu t'es engagé pour autrui,


2
Si tu es enlacé par les paroles de ta bouche, Si tu es pris par les paroles de ta bouche,
3
Fais donc ceci, mon fils, dégage-toi, Puisque tu es tombé au pouvoir de ton prochain ; Va, prosterne-toi, et fais des instances auprès de lui ;
4
Ne donne ni sommeil à tes yeux, Ni assoupissement à tes paupières ;
5
Dégage-toi comme la gazelle de la main du chasseur, Comme l'oiseau de la main de l'oiseleur.
6
Va vers la fourmi, paresseux ; Considère ses voies, et deviens sage.
7
Elle n'a ni chef, Ni inspecteur, ni maître ;
8
Elle prépare en été sa nourriture, Elle amasse pendant la moisson de quoi manger.
9
Paresseux, jusqu'à quand seras-tu couché ? Quand te lèveras-tu de ton sommeil ?
10
Un peu de sommeil, un peu d'assoupissement, Un peu croiser les mains pour dormir !...
11
Et la pauvreté te surprendra, comme un rôdeur, Et la disette, comme un homme en armes.
12
L'homme pervers, l'homme inique, Marche la fausseté dans la bouche ;
13
Il cligne des yeux, parle du pied, Fait des signes avec les doigts ;
14
La perversité est dans son coeur, Il médite le mal en tout temps, Il excite des querelles.
15
Aussi sa ruine arrivera-t-elle subitement ; Il sera brisé tout d'un coup, et sans remède.
16
Il y a six choses que hait l'Éternel, Et même sept qu'il a en horreur ;
17
Les yeux hautains, la langue menteuse, Les mains qui répandent le sang innocent,
18
Le coeur qui médite des projets iniques, Les pieds qui se hâtent de courir au mal,
19
Le faux témoin qui dit des mensonges, Et celui qui excite des querelles entre frères.
20
Mon fils, garde les préceptes de ton père, Et ne rejette pas l'enseignement de ta mère.
21
Lie-les constamment sur ton coeur, Attache-les à ton cou.
22
Ils te dirigeront dans ta marche, Ils te garderont sur ta couche, Ils te parleront à ton réveil.
23
Car le précepte est une lampe, et l'enseignement une lumière, Et les avertissements de la correction sont le chemin de la vie :
24
Ils te préserveront de la femme corrompue, De la langue doucereuse de l'étrangère.
25
Ne la convoite pas dans ton coeur pour sa beauté, Et ne te laisse pas séduire par ses paupières.
26
Car pour la femme prostituée on se réduit à un morceau de pain, Et la femme mariée tend un piège à la vie précieuse.
27
Quelqu'un mettra-t-il du feu dans son sein, Sans que ses vêtements s'enflamment ?
28
Quelqu'un marchera-t-il sur des charbons ardents, Sans que ses pieds soient brûlés ?
29
Il en est de même pour celui qui va vers la femme de son prochain : Quiconque la touche ne restera pas impuni.
30
On ne tient pas pour innocent le voleur qui dérobe Pour satisfaire son appétit, quand il a faim ;
31
Si on le trouve, il fera une restitution au septuple, Il donnera tout ce qu'il a dans sa maison.
32
Mais celui qui commet un adultère avec une femme est dépourvu de sens, Celui qui veut se perdre agit de la sorte ;
33
Il n'aura que plaie et ignominie, Et son opprobre ne s'effacera point.
34
Car la jalousie met un homme en fureur, Et il est sans pitié au jour de la vengeance ;
35
Il n'a égard à aucune rançon, Et il est inflexible, quand même tu multiplierais les dons.

Chapitre 7

 

1


Mon fils, retiens mes paroles, Et garde avec toi mes préceptes.


2
Observe mes préceptes, et tu vivras ; Garde mes enseignements comme la prunelle de tes yeux.
3
Lie-les sur tes doigts, Écris-les sur la table de ton coeur.
4
Dis à la sagesse : Tu es ma soeur ! Et appelle l'intelligence ton amie,
5
Pour qu'elles te préservent de la femme étrangère, De l'étrangère qui emploie des paroles doucereuses.
6
J'étais à la fenêtre de ma maison, Et je regardais à travers mon treillis.
7
J'aperçus parmi les stupides, Je remarquai parmi les jeunes gens un garçon dépourvu de sens.
8
Il passait dans la rue, près de l'angle où se tenait une de ces étrangères, Et il se dirigeait lentement du côté de sa demeure :
9
C'était au crépuscule, pendant la soirée, Au milieu de la nuit et de l'obscurité.
10
Et voici, il fut abordé par une femme Ayant la mise d'une prostituée et la ruse dans le coeur.
11
Elle était bruyante et rétive ; Ses pieds ne restaient point dans sa maison ;
12
Tantôt dans la rue, tantôt sur les places, Et près de tous les angles, elle était aux aguets.
13
Elle le saisit et l'embrassa, Et d'un air effronté lui dit :
14
Je devais un sacrifice d'actions de grâces, Aujourd'hui j'ai accompli mes voeux.
15
C'est pourquoi je suis sortie au-devant de toi Pour te chercher, et je t'ai trouvé.
16
J'ai orné mon lit de couvertures, De tapis de fil d'Égypte ;
17
J'ai parfumé ma couche De myrrhe, d'aloès et de cinnamome.
18
Viens, enivrons-nous d'amour jusqu'au matin, Livrons-nous joyeusement à la volupté.
19
Car mon mari n'est pas à la maison, Il est parti pour un voyage lointain ;
20
Il a pris avec lui le sac de l'argent, Il ne reviendra à la maison qu'à la nouvelle lune.
21
Elle le séduisit à force de paroles, Elle l'entraîna par ses lèvres doucereuses.
22
Il se mit tout à coup à la suivre, Comme le boeuf qui va à la boucherie, Comme un fou qu'on lie pour le châtier,
23
Jusqu'à ce qu'une flèche lui perce le foie, Comme l'oiseau qui se précipite dans le filet, Sans savoir que c'est au prix de sa vie.
24
Et maintenant, mes fils, écoutez-moi, Et soyez attentifs aux paroles de ma bouche.
25
Que ton coeur ne se détourne pas vers les voies d'une telle femme, Ne t'égare pas dans ses sentiers.
26
Car elle a fait tomber beaucoup de victimes, Et ils sont nombreux, tous ceux qu'elle a tués.
27
Sa maison, c'est le chemin du séjour des morts ; Il descend vers les demeures de la mort.

Chapitre 8

 

1


La sagesse ne crie-t-elle pas ? L'intelligence n'élève-t-elle pas sa voix ?


2
C'est au sommet des hauteurs près de la route, C'est à la croisée des chemins qu'elle se place ;
3
A côté des portes, à l'entrée de la ville, A l'intérieur des portes, elle fait entendre ses cris :
4
Hommes, c'est à vous que je crie, Et ma voix s'adresse aux fils de l'homme.
5
Stupides, apprenez le discernement ; Insensés, apprenez l'intelligence.
6
Écoutez, car j'ai de grandes choses à dire, Et mes lèvres s'ouvrent pour enseigner ce qui est droit.
7
Car ma bouche proclame la vérité, Et mes lèvres ont en horreur le mensonge ;
8
Toutes les paroles de ma bouche sont justes, Elles n'ont rien de faux ni de détourné ;
9
Toutes sont claires pour celui qui est intelligent, Et droites pour ceux qui ont trouvé la science.
10
Préférez mes instructions à l'argent, Et la science à l'or le plus précieux ;
11
Car la sagesse vaut mieux que les perles, Elle a plus de valeur que tous les objets de prix.
12
Moi, la sagesse, j'ai pour demeure le discernement, Et je possède la science de la réflexion.
13
La crainte de l'Éternel, c'est la haine du mal ; L'arrogance et l'orgueil, la voie du mal, Et la bouche perverse, voilà ce que je hais.
14
Le conseil et le succès m'appartiennent ; Je suis l'intelligence, la force est à moi.
15
Par moi les rois règnent, Et les princes ordonnent ce qui est juste ;
16
Par moi gouvernent les chefs, Les grands, tous les juges de la terre.
17
J'aime ceux qui m'aiment, Et ceux qui me cherchent me trouvent.
18
Avec moi sont la richesse et la gloire, Les biens durables et la justice.
19
Mon fruit est meilleur que l'or, que l'or pur, Et mon produit est préférable à l'argent.
20
Je marche dans le chemin de la justice, Au milieu des sentiers de la droiture,
21
Pour donner des biens à ceux qui m'aiment, Et pour remplir leurs trésors.
22
L'Éternel m'a créée la première de ses oeuvres, Avant ses oeuvres les plus anciennes.
23
J'ai été établie depuis l'éternité, Dès le commencement, avant l'origine de la terre.
24
Je fus enfantée quand il n'y avait point d'abîmes, Point de sources chargées d'eaux ;
25
Avant que les montagnes soient affermies, Avant que les collines existent, je fus enfantée ;
26
Il n'avait encore fait ni la terre, ni les campagnes, Ni le premier atome de la poussière du monde.
27
Lorsqu'il disposa les cieux, j'étais là ; Lorsqu'il traça un cercle à la surface de l'abîme,
28
Lorsqu'il fixa les nuages en haut, Et que les sources de l'abîme jaillirent avec force,
29
Lorsqu'il donna une limite à la mer, Pour que les eaux n'en franchissent pas les bords, Lorsqu'il posa les fondements de la terre,
30
J'étais à l'oeuvre auprès de lui, Et je faisais tous les jours ses délices, Jouant sans cesse en sa présence,
31
Jouant sur le globe de sa terre, Et trouvant mon bonheur parmi les fils de l'homme.
32
Et maintenant, mes fils, écoutez-moi, Et heureux ceux qui observent mes voies !
33
Écoutez l'instruction, pour devenir sages, Ne la rejetez pas.
34
Heureux l'homme qui m'écoute, Qui veille chaque jour à mes portes, Et qui en garde les poteaux !
35
Car celui qui me trouve a trouvé la vie, Et il obtient la faveur de l'Éternel.
36
Mais celui qui pèche contre moi nuit à son âme ; Tous ceux qui me haïssent aiment la mort.

Chapitre 9

 

1


La sagesse a bâti sa maison, Elle a taillé ses sept colonnes.


2
Elle a égorgé ses victimes, mêlé son vin, Et dressé sa table.
3
Elle a envoyé ses servantes, elle crie Sur le sommet des hauteurs de la ville :
4
Que celui qui est stupide entre ici ! Elle dit à ceux qui sont dépourvus de sens :
5
Venez, mangez de mon pain, Et buvez du vin que j'ai mêlé ;
6
Quittez la stupidité, et vous vivrez, Et marchez dans la voie de l'intelligence !
7
Celui qui reprend le moqueur s'attire le dédain, Et celui qui corrige le méchant reçoit un outrage.
8
Ne reprends pas le moqueur, de crainte qu'il ne te haïsse ; Reprends le sage, et il t'aimera.
9
Donne au sage, et il deviendra plus sage ; Instruis le juste, et il augmentera son savoir.
10
Le commencement de la sagesse, c'est la crainte de l'Éternel ; Et la science des saints, c'est l'intelligence.
11
C'est par moi que tes jours se multiplieront, Et que les années de ta vie augmenteront.
12
Si tu es sage, tu es sage pour toi ; Si tu es moqueur, tu en porteras seul la peine.
13
La folie est une femme bruyante, Stupide et ne sachant rien.
14
Elle s'assied à l'entrée de sa maison, Sur un siège, dans les hauteurs de la ville,
15
Pour crier aux passants, Qui vont droit leur chemin :
16
Que celui qui est stupide entre ici ! Elle dit à celui qui est dépourvu de sens :
17
Les eaux dérobées sont douces, Et le pain du mystère est agréable !
18
Et il ne sait pas que là sont les morts, Et que ses invités sont dans les vallées du séjour des morts.

Chapitre 10

 

1


Proverbes de Salomon. Un fils sage fait la joie d'un père, Et un fils insensé le chagrin de sa mère.


2
Les trésors de la méchanceté ne profitent pas, Mais la justice délivre de la mort.
3
L'Éternel ne laisse pas le juste souffrir de la faim, Mais il repousse l'avidité des méchants.
4
Celui qui agit d'une main lâche s'appauvrit, Mais la main des diligents enrichit.
5
Celui qui amasse pendant l'été est un fils prudent, Celui qui dort pendant la moisson est un fils qui fait honte.
6
Il y a des bénédictions sur la tête du juste, Mais la violence couvre la bouche des méchants.
7
La mémoire du juste est en bénédiction, Mais le nom des méchants tombe en pourriture.
8
Celui qui est sage de coeur reçoit les préceptes, Mais celui qui est insensé des lèvres court à sa perte.
9
Celui qui marche dans l'intégrité marche avec assurance, Mais celui qui prend des voies tortueuses sera découvert.
10
Celui qui cligne des yeux est une cause de chagrin, Et celui qui est insensé des lèvres court à sa perte.
11
La bouche du juste est une source de vie, Mais la violence couvre la bouche des méchants.
12
La haine excite des querelles, Mais l'amour couvre toutes les fautes.
13
Sur les lèvres de l'homme intelligent se trouve la sagesse, Mais la verge est pour le dos de celui qui est dépourvu de sens.
14
Les sages tiennent la science en réserve, Mais la bouche de l'insensé est une ruine prochaine.
15
La fortune est pour le riche une ville forte ; La ruine des misérables, c'est leur pauvreté.
16
L'oeuvre du juste est pour la vie, Le gain du méchant est pour le péché.
17
Celui qui se souvient de la correction prend le chemin de la vie, Mais celui qui oublie la réprimande s'égare.
18
Celui qui dissimule la haine a des lèvres menteuses, Et celui qui répand la calomnie est un insensé.
19
Celui qui parle beaucoup ne manque pas de pécher, Mais celui qui retient ses lèvres est un homme prudent.
20
La langue du juste est un argent de choix ; Le coeur des méchants est peu de chose.
21
Les lèvres du juste dirigent beaucoup d'hommes, Et les insensés meurent par défaut de raison.
22
C'est la bénédiction de l'Éternel qui enrichit, Et il ne la fait suivre d'aucun chagrin.
23
Commettre le crime paraît un jeu à l'insensé, Mais la sagesse appartient à l'homme intelligent.
24
Ce que redoute le méchant, c'est ce qui lui arrive ; Et ce que désirent les justes leur est accordé.
25
Comme passe le tourbillon, ainsi disparaît le méchant ; Mais le juste a des fondements éternels.
26
Ce que le vinaigre est aux dents et la fumée aux yeux, Tel est le paresseux pour celui qui l'envoie.
27
La crainte de l'Éternel augmente les jours, Mais les années des méchants sont abrégées.
28
L'attente des justes n'est que joie, Mais l'espérance des méchants périra.
29
La voie de l'Éternel est un rempart pour l'intégrité, Mais elle est une ruine pour ceux qui font le mal.
30
Le juste ne chancellera jamais, Mais les méchants n'habiteront pas le pays.
31
La bouche du juste produit la sagesse, Mais la langue perverse sera retranchée.
32
Les lèvres du juste connaissent la grâce, Et la bouche des méchants la perversité.

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